Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026, publié au Journal officiel du 4 août, remplace le tableau des indicateurs du référentiel national qualité à compter du 1er novembre 2026. Les sept critères ne bougent pas, les indicateurs 1 à 32 gardent leur numéro, un indicateur 33 est créé pour l’apprentissage, et une douzaine d’indicateurs existants sont réécrits. Parmi eux, deux concernent tous les organismes certifiés, quelle que soit leur activité : l’information du public sans mention trompeuse (indicateur 1) et la prévention des violences, du harcèlement et des discriminations (indicateur 12). Ce que le marché appelle « Qualiopi V10 » désigne ce nouveau texte et la future version du guide de lecture qui doit le commenter : ce n’est pas un nom officiel.
Vous êtes déjà certifié et votre prochain audit tombe après le 1er novembre ? L’accompagnement Qualiopi de MAKEMYOF s’adresse aux organismes titulaires d’un NDA : analyse de votre situation, préparation aux exigences du référentiel, accompagnement documentaire et préparation à l’audit (audit blanc et coaching), pour 990 € HT (1 188 € TTC), frais de l’organisme certificateur en sus. Le questionnaire vous demande quel audit vous visez : initial, surveillance ou renouvellement.
Ce que le décret change, indicateur par indicateur
Le texte applicable au 1er novembre reprend les 32 indicateurs actuels et en modifie la rédaction de plusieurs. Voici ce que la nouvelle version exige en plus, en citant ses termes. Les indicateurs qui ne figurent pas dans cette liste restent identiques ou quasi identiques.
- ●Indicateur 1 (toutes catégories) : l’information publiée doit rester détaillée et vérifiable, et la communication ne doit comporter « aucune mention de nature à induire le public en erreur », notamment sur les conditions d’accès, le contenu, les modalités pédagogiques, le financement des formations et les droits de poursuite d’études.
- ●Indicateur 2 (toutes catégories) : les indicateurs de résultats restent obligatoires, mais le prestataire doit en préciser « de manière transparente leurs modalités de calcul » ou s’appuyer sur des dispositifs existants.
- ●Indicateur 3 (formations certifiantes) : l’information sur les suites de parcours vise désormais « en particulier les poursuites d’études ».
- ●Indicateur 7 (formations certifiantes) : l’organisme doit pouvoir « prouver sa capacité à assurer cette certification, y compris en qualité d’organisme habilité ».
- ●Indicateur 12 (toutes catégories) : en plus de l’engagement des bénéficiaires et de la prévention des abandons, l’organisme « s’assure de la prévention et du traitement de toute situation de violence, dont les violences sexistes et sexuelles, de harcèlement ou de discrimination » dans le cadre de la formation.
- ●Indicateur 19 (toutes catégories) : pour les modules à distance, l’organisme « vérifie l’effectivité de leur suivi par les apprenants » ; au-delà d’un nombre d’intervenants par formation fixé par arrêté, il désigne un référent pédagogique par formation.
- ●Indicateur 27 (sous-traitance et portage salarial) : la conformité au référentiel doit être tracée « dans les contrats de sous-traitance ».
- ●Indicateur 32 (toutes catégories) : on passe de mesures d’amélioration à une « démarche d’amélioration continue », complétée par « une analyse des risques sur la qualité des formations délivrées ».
- ●Apprentissage seulement : indicateurs 14 (procédure de traitement sans délai des ruptures liées à des difficultés, violences ou discriminations), 15 (information renforcée des apprentis mineurs, dispositifs de signalement, coordonnées du médiateur de l’apprentissage), 20 (gouvernance associant apprentis, formateurs et entreprises, supervision renforcée sous un seuil d’heures assurées par des permanents) et le nouvel indicateur 33 (évaluation des contenus et des enseignements par les apprenants, distincte du recueil de satisfaction).
Êtes-vous concerné ? Tout dépend de vos catégories d’actions
Chaque indicateur du référentiel s’applique à une ou plusieurs des quatre catégories d’actions de l’article L6313-1 du Code du travail : actions de formation, bilans de compétences, validation des acquis de l’expérience et actions de formation par apprentissage. Votre certificat mentionne les catégories pour lesquelles vous êtes certifié : c’est votre point de départ.
Un formateur indépendant certifié pour des actions de formation, sans apprentissage et sans formation certifiante, a quatre chantiers réels : son site et ses fiches de formation (indicateur 1), ses indicateurs de résultats (2), sa procédure violences, harcèlement et discriminations (12) et sa démarche d’amélioration continue avec analyse des risques (32). S’il forme à distance, il ajoute la preuve du suivi (19) ; s’il sous-traite ou travaille en portage, la traçabilité dans ses contrats (27). Les indicateurs 14, 15, 20 et 33 ne le concernent pas.
Un organisme qui prépare à une certification professionnelle enregistrée ajoute les indicateurs 3 et 7. Un CFA, ou tout organisme certifié pour la catégorie apprentissage, est concerné par l’ensemble du texte : c’est lui qui a le plus de travail avant son prochain audit.
À partir de quand votre audit portera sur le nouveau texte
L’article 2 du décret se borne à fixer l’entrée en vigueur au 1er novembre 2026 : il ne prévoit ni période de tolérance, ni régime transitoire, ni nouvel audit spécifique. Les certificats en cours ne sont pas remis en cause ; c’est lors de vos audits suivants que la conformité au nouveau texte sera vérifiée.
Concrètement, un audit réalisé à partir du 1er novembre (initial, de surveillance ou de renouvellement) a toutes les chances d’être mené sur le nouveau référentiel. Un audit réalisé avant cette date reste sur le texte actuel, mais le suivant se fera sur le nouveau : autant corriger maintenant ce qui sera vérifié plus tard. La seule réponse qui compte est celle de votre certificateur : demandez-lui par écrit, dès la prise de date, sur quelle version il vous auditera.
Pour situer vos échéances : l’audit de surveillance a lieu entre le 14e et le 22e mois suivant l’obtention du certificat, et l’audit de renouvellement avant son expiration, sur le modèle de l’audit initial. Notre guide de l’audit de surveillance Qualiopi détaille le calcul de la fenêtre et ce qui y est contrôlé.
Le plan de mise en conformité, dans l’ordre
- 1Faites l’inventaire : catégories certifiées, date du prochain audit, formations à distance, sous-traitance ou portage, formations certifiantes, apprentissage. Cette liste vous dit quels indicateurs réécrits vous concernent.
- 2Relisez votre site, votre catalogue et vos supports commerciaux avec l’œil d’un auditeur : chaque mention sur le financement, la reconnaissance de la formation ou les suites de parcours doit être exacte et vérifiable. Une formation présentée comme finançable par un dispositif auquel elle n’est pas éligible, ou comme « diplômante » sans l’être, est exactement ce que vise le nouvel indicateur 1.
- 3Pour chaque indicateur de résultats publié, écrivez sa méthode de calcul à côté du chiffre : période couverte, nombre de sessions et de stagiaires, nombre de répondants, outil de recueil. Un taux de satisfaction publié sans dire sur combien de réponses il porte ne permet pas de vérifier ce calcul.
- 4Rédigez une procédure courte de prévention et de traitement des violences, du harcèlement et des discriminations : qui reçoit un signalement, par quel canal, dans quel délai il est traité, quelles mesures sont prises pour protéger la personne, comment le traitement est tracé. Informez-en les bénéficiaires dès l’accueil (livret d’accueil, règlement intérieur, convocation).
- 5Si vous formez à distance, conservez les preuves du suivi réel : connexions, travaux rendus, échanges avec le formateur, évaluations intermédiaires. Si plusieurs intervenants animent une même formation, identifiez qui assure la coordination pédagogique.
- 6Reprenez vos contrats de sous-traitance ou de portage : une clause doit engager le sous-traitant sur les exigences du référentiel et prévoir la transmission des preuves. Notre modèle de contrat de sous-traitance formation détaille ces clauses.
- 7Transformez votre plan d’amélioration en démarche continue et ajoutez une analyse des risques qualité : abandon de stagiaires, indisponibilité d’un formateur, panne de la plateforme, réclamation d’un financeur. Pour chaque risque, notez sa probabilité, son impact et la mesure prévue.
- 8Datez chaque modification et gardez l’ancienne version : cette trace est aussi une preuve de votre veille légale et réglementaire (indicateur 23).
Les preuves que l’auditeur pourra demander
- ●Indicateur 1 : pages du site et fiches de formation à jour, avec la date de leur dernière révision.
- ●Indicateur 2 : chiffres publiés et note de méthode, avec les données brutes (questionnaires, listes de présence) qui permettent de les recalculer.
- ●Indicateur 12 : la procédure écrite, la preuve que les bénéficiaires en sont informés, et le registre des signalements, même vide.
- ●Indicateur 19 : exports de la plateforme ou relevés de suivi des modules à distance, désignation d’un référent pédagogique le cas échéant.
- ●Indicateur 27 : contrats de sous-traitance signés comportant les clauses qualité.
- ●Indicateur 32 : plan d’amélioration daté, analyse des risques, et au moins une action menée à son terme.
- ●Apprentissage : procédure de rupture, supports d’information des apprentis mineurs, coordonnées du médiateur, composition et comptes rendus du conseil de perfectionnement, outil d’évaluation des enseignements et suites données.
Ce qui reste incertain au 30 septembre 2026
Trois points ne sont pas tranchés par le décret lui-même. D’abord, le guide de lecture : celui publié par le ministère du Travail commente le référentiel à 32 indicateurs, et nous n’avons pas pu confirmer, à la date de rédaction, la publication d’une version couvrant le texte du 1er novembre. Tant qu’elle n’est pas publiée, le niveau attendu sur les nouveaux passages s’apprécie à partir du texte lui-même.
Ensuite, deux seuils sont renvoyés à un arrêté du ministre chargé de la formation professionnelle : le nombre d’intervenants au-delà duquel un référent pédagogique est exigé (indicateur 19) et la part d’heures assurées par des intervenants permanents en dessous de laquelle une supervision renforcée s’impose (indicateur 20). Vérifiez leur publication avant d’en tirer des conséquences.
Enfin, la pratique des certificateurs sur les premiers audits de novembre et décembre. Aucun texte ne dit comment un écart sur un passage nouveau sera qualifié : ne comptez pas sur une indulgence qui n’est écrite nulle part.
Se mettre à jour seul ou se faire accompagner
Seul, c’est faisable : le décret et l’article L6316-1 du Code du travail sont publics, et un organisme qui a peu d’actions, pas d’apprentissage et des preuves bien tenues peut réaliser le plan ci-dessus en quelques journées de travail. Le risque est surtout de sous-estimer les indicateurs 1 et 12 parce qu’ils semblaient acquis : c’est là que la rédaction a le plus changé pour les organismes de formation continue.
Un accompagnement se justifie si votre audit tombe dans les semaines qui suivent le 1er novembre, si vous étiez nouvel entrant, si vous sous-traitez beaucoup ou si vous êtes concerné par l’apprentissage. L’accompagnement Qualiopi coûte 990 € HT (1 188 € TTC) : analyse de votre situation, préparation aux exigences du référentiel, accompagnement documentaire et préparation à l’audit, frais du certificateur en sus. Pour un audit à partir du 1er novembre, c’est le texte du décret 2026-728 qui sert de base. L’audit reste mené par un organisme certificateur indépendant, seul à décider de la certification.
Vous créez votre organisme en ce moment ? Autant partir sur le bon texte dès le départ : la création de votre organisme avec accompagnement jusqu’au NDA coûte 490 € HT (588 € TTC), et vous pouvez démarrer votre dossier en ligne. Pour la suite, voir comment obtenir la certification Qualiopi.
Questions fréquentes
Qualiopi V10, c’est officiel ?
Le terme n’est pas officiel. Il désigne dans le secteur le référentiel issu du décret n° 2026-728 du 1er août 2026, applicable au 1er novembre 2026, et la future version du guide de lecture qui doit le commenter.
Le nouveau référentiel Qualiopi compte-t-il 33 indicateurs ?
Oui. Les indicateurs 1 à 32 gardent leur numéro et un indicateur 33 est ajouté au critère 7. Il ne s’applique qu’aux actions de formation par apprentissage.
Mon audit a lieu en novembre 2026 : sur quel référentiel serai-je audité ?
Le décret entre en vigueur le 1er novembre 2026 sans régime transitoire : un audit réalisé à partir de cette date devrait porter sur le nouveau texte. Faites-le confirmer par écrit par votre organisme certificateur.
Dois-je repasser un audit à cause du nouveau référentiel ?
Non. Le décret ne crée pas d’audit supplémentaire et ne remet pas en cause les certificats en cours : la conformité au nouveau texte est vérifiée lors de votre prochain audit de surveillance ou de renouvellement.
Un formateur indépendant sans apprentissage est-il concerné ?
Oui, en partie. Les indicateurs 1, 2, 12, 19, 27 et 32 réécrits valent pour toutes les catégories. Les indicateurs 14, 15, 20 et 33, en revanche, ne concernent que l’apprentissage.
Le guide de lecture du nouveau référentiel est-il publié ?
À la date de rédaction de ce guide, nous n’avons pas pu confirmer la publication d’une version couvrant le texte du 1er novembre 2026. Vérifiez sur le site du ministère du Travail avant votre audit.
Sources
- Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences (Légifrance)
- Arrêté du 6 juin 2019 relatif aux modalités d’audit associées au référentiel national qualité (Légifrance)
- Code du travail, article L6316-1 (Légifrance)
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